En Suisse romande, un site internet se crée en deux à huit semaines : deux pour une landing page, trois à huit pour un site complet.
Sauf que cette fourchette ne t'avance pas beaucoup. Le même site, avec le même prestataire, peut sortir en trois semaines ou en onze. Et la différence ne vient presque jamais de celui qui le construit.
Voilà les délais par type de projet, où passe réellement le temps, et ce qu'on va te demander pour que ta date tienne.
Les délais réels, par type de projet
Ces délais sont ceux d'un indépendant qui travaille seul sur ton projet. Avec une agence, compte plutôt six à douze semaines pour un site vitrine équivalent.
L'écart n'est pas une question de compétence. C'est le nombre d'intermédiaires. Chaque passage du chef de projet au designer, puis du designer au développeur, ajoute des jours. Et ton projet partage la file d'attente avec les autres. J'ai détaillé les différences entre les deux modèles dans le comparatif agence web ou freelance en Suisse romande.
La fourchette du site vitrine reste large, et c'est normal. Un site de quatre pages pour un thérapeute ne demande pas le même travail qu'un site de huit pages avec trois offres à expliquer et un blog à structurer.
Où passe vraiment le temps
Un projet se découpe en quatre phases, et elles ne pèsent pas du tout le même poids.
Le brief. Un à deux rendez-vous. On parle de ton offre, de qui tu veux atteindre, de ce que le site doit provoquer. C'est la phase la plus courte et celle qui détermine tout le reste.
Les contenus. La phase la plus longue, et de loin. Il faut tes textes ou la matière pour les écrire, tes photos, ton logo, tes tarifs, la liste exacte de tes prestations. C'est ici que les projets s'enlisent.
Le design. Une à deux semaines pour un site vitrine. Maquettes, retours, validation.
L'intégration et les tests. Une à deux semaines. Le site prend forme, on vérifie l'affichage mobile, la vitesse, les formulaires, les balises.
Les trois phases où le prestataire travaille sont prévisibles. Celle qui dépend de toi ne l'est pas. C'est tout le sujet de cet article.
Pourquoi le même projet peut prendre 3 ou 11 semaines
Prends deux sites vitrine identiques. Même nombre de pages, même niveau de finition, même personne aux commandes.
Sept semaines d'écart pour exactement le même travail. La seule variable, ce sont les délais de réponse.
Ce n'est pas un reproche. Tu as une activité à faire tourner, et rassembler ses textes passe après les clients qui paient. Mais autant le savoir avant de commencer, parce que c'est là que se joue ta date de lancement.
Le projet qui traîne a un second coût, moins visible. Onze semaines, ça veut dire se remettre le projet en tête à chaque reprise. Les décisions prises en semaine 2 se rediscutent en semaine 8. Tout le monde s'épuise, et le résultat est rarement meilleur.
Ce qu'on va te demander, et quand
Voilà ce qu'il faut avoir sous la main avant de démarrer. Avec tout ça au brief, tu gagnes des semaines.
- Tes textes existants, même bruts, même mal écrits
- Tes photos, ou un accord pour en faire faire
- Ton logo dans un format vectoriel, si tu en as un
- La liste exacte de tes prestations et de tes tarifs
- Les accès à ton nom de domaine, si tu en possèdes déjà un
- Deux ou trois sites que tu trouves réussis, et ce qui te plaît dedans
Les photos sont le point que presque personne n'anticipe. Organiser une séance prend deux à trois semaines entre la prise de contact, le shooting et la livraison des fichiers. Si tu t'en rends compte en semaine 4, ton lancement vient de reculer d'un mois.
Si le copywriting est inclus dans ta prestation, tu n'as pas à écrire tes textes. Tu dois quand même fournir la matière : ce que tu fais, pour qui, ce qui te distingue. Personne ne peut inventer ça à ta place. C'est d'ailleurs l'un des postes qui fait varier le budget, comme je l'explique dans l'article sur le prix d'un site internet en Suisse romande.
Un site fait en deux semaines, c'est un site bâclé ?
Ça dépend entièrement du périmètre.
Une landing page, c'est une page. Un objectif, un message, un bouton. Deux semaines suffisent largement quand le travail préparatoire est fait et que les contenus sont prêts.
Un site vitrine complet de huit pages livré en deux semaines, en revanche, veut dire qu'on a sauté une étape. Le plus souvent le copywriting, remplacé par des textes génériques. Parfois le SEO, ajouté après coup au lieu d'être pensé dans la structure.
Alors demande plutôt ce qui a été fait pendant ces deux semaines. La réponse t'en apprendra plus que le délai lui-même.
Peux-tu tenir une date de lancement ?
Oui, à deux conditions.
La date doit être annoncée au brief, pas en cours de route. On construit alors le calendrier à l'envers depuis ton échéance, et on sait tout de suite si c'est jouable ou s'il faut réduire le périmètre.
Et les contenus doivent arriver aux dates convenues. C'est la seule partie du calendrier qu'un prestataire ne contrôle pas.
Un prestataire peut s'engager sur ses délais de production une fois les contenus reçus. Personne ne peut s'engager sur une date fixe si les éléments arrivent avec quatre semaines de retard. Méfie-toi de quiconque te promet le contraire sans t'avoir demandé ce que tu as déjà sous la main.
Si tu as une date en tête, parles-en dès le premier échange. C'est le seul moyen de construire le calendrier autour, et le meilleur moyen de savoir tout de suite si elle tient. Tu peux voir comment je travaille sur la page création de site internet sur-mesure.


